25.01.2008
Grève des enseignants : le service minimum en question
L'application d'un "service minimum" d'accueil dans les écoles, voulu par le président, pose de gros problèmes aux municipalités. En effet, cette mesure devait être lancée (après concertation) à compter de la rentrée 2008. Or à la dernière minute, le ministre a annoncé que ce "service minimum" devait s'appliquer à la grève du 24 janvier. Seules 10% des communes se sont portées volontaires pour l'expérience. En effet, accueillir les enfants dans de bonnes conditions suppose d'organiser des "garderies", en recourant à des animateurs compétents et formés, en nombre suffisant, sans savoir précisément à l'avance combien d'enseignants seront grévistes et combien d'enfants seront à accueillir... Tâche compliquée par le fait que les animateurs sont eux aussi employés municipaux (donc fonctionnaires) et étaient, par conséquent, également appelés à la grève le 24 janvier. Encore une sacrée patate chaude que l'Etat Sarkozy vient de repasser aux communes : en effet, ce n'est pas aux collectivités locales d'assumer les conséquences des conflits sociaux entre l'Etat et ses fonctionnaires.
Un communiqué de la mairie d'Asnières, signé du Premier Adjoint, affiché devant les écoles, précisait qu'à titre "exceptionnel et expérimental" le dispositif serait testé à Asnières ce 24 janvier, mais appelait tout de même les familles à rechercher toute solution de garde alternative. Ce communiqué dénonçait "l'Etat (qui) demande aux communes d'assumer des missions qui ne relèvent pas de leurs compétences"... Encore une fois (voir l'affaire de la famille Haddaoui) le maire d'Asnières se retrouve en porte à faux avec le gouvernement qu'il soutient en tant que député...
17:07 Publié dans Vie locale | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Asnières sur Seine, Manuel Aeschlimann, service minimum, grève des enseignants
27.08.2007
Service minimum : une loi inutile, inefficace et dangereuse
Retour sur le succès de la mobilisation du 31 juillet dernier devant l'Assemblée Nationale, en signe de protestation contre le projet de loi dit "de service minimum".
Plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées (malgré les vacances), les organisations syndicales étaient largement représentées, avec des délégations de tous les secteurs d'activités, publics et privés, montrant la grande sensibilité de ce sujet, bien au-delà de son objectif direct, à savoir les entreprises de transport public. Plusieurs députés et responsables socialistes se sont joints au rassemblement, notamment François Hollande, Jean-Marc Ayrault, ainsi que Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez.
J'étais pour ma part présente dans les rangs de la CGT Cheminots.
Dénonçons cette manoeuvre sournoise du gouvernement Sarkozy-Fillon, exposant les salariés à des pressions (avec la déclaration obligatoire de l'intention de grève 48h à l'avance), et qui est en réalité une atteinte masquée au droit de grève. Il s'agit en réalité, personne n'est dupe, d'une préparation de nouvelles attaques au droit du travail prévues pour l'automne. En effet, tenter de réduire à l'impuissance les agents de la SNCF et de la RATP, c'est agir en prévention d'une rentrée sociale mouvementée, et tenter, de la part du gouvernement, de se prémunir contre une situation de blocage type 1995 contre les lois Juppé...
Et c'est bien méconnaître le fonctionnement actuel de la SNCF et de la RATP, puisqu'il existe déjà une obligation de négocier pour éviter la grève lorqu'un préavis est déposé. C'est donc reconnaître que les directions de ces entreprises publiques sont incapables de mener un dialogue social de qualité permettant d'éviter les conflits sociaux...
Enfin, rappelons qu'il existe dans chaque région une obligation de continuité de service, qui fait qu'en dessous de 30% de trafic assuré, la SNCF doit payer de lourdes pénalités à l'Autorité Organisatrice des Transports (en Ile de France, elle est contractualisée entre le STIF et la SNCF). De fait, il est extrêmement rare que moins de 30% du trafic soit assuré. Ce n'est pas arrivé depuis 1995, il y a 12 ans...
Cette loi est donc inutile et inefficace ; par ailleurs elle est dangereuse car synonyme d'une prochaine offensive du gouvernement contre les salariés.

