04.07.2009
Incendie d'un hôtel meublé à Asnières : déclarons la guerre au "mal logement"
Il était impossible pour moi de réagir immédiatement à ce drame.
Au delà de la compassion, certes nécessaire, et de la lecture émotionnelle de ce fait divers, la responsabilité du "politique" est de prendre le recul nécessaire pour apporter une analyse de fond et proposer des pistes de solutions afin d'éviter la répétition de faits similaires.
Pendant que les médecins, les travailleurs sociaux, les psychologues et les policiers se démènent pour que les victimes puissent reprendre au plus vite et dans des conditions correctes le cours de leur vie, il nous appartient de porter nos réflexions sur les causes profondes de ce dramatique accident.
Selon les premiers éléments de l'enquête (voir l'article du Point), une cigarette serait à l'origine du sinistre. On pourrait dès lors envisager de demander l'interdiction totale de fumer dans les hôtels, ou la commercialisation de couvertures, draps et matelas inflammables... Pourquoi pas.
Mais à mon sens il faut aller bien plus loin que ces réponses "techniques", et s'intéresser à l'angle social de ce regrettable accident.
Par qui cet hôtel meublé était-il habité ? Par des personnes en situation de précarité locative, qui n'avaient trouvé aucune autre solution de logement au regard de leurs faibles ressources.
Pourtant, nombre d'entre elles ont un emploi stable, ou touchent une retraite. Mais les loyers des logements privés d'Asnières sont si chers qu'il est impossible à des salariés modestes d'y accéder. Impossible pour une famille de se loger décemment quand ses ressources sont inférieures à 4 000 euros mensuels. Le logement social est leur seul espoir. Cependant, le nombre de logements du parc social est très insuffisant dans notre ville (16,9 %, bien en dessous du seuil des 20 % de la loi SRU : il manque plus d'un millier de logements pour atteindre ce seuil) et de surcroît, la mobilité des ménages y est quasi nulle, ce qui provoque automatiquement des délais d'attente très longs.
Il y a donc malheureusement "un marché" pour des propriétaires privés plus ou moins scrupuleux, qui louent des logements souvent exigus et à la limite de l'insalubrité à ces familles. Cette part du parc privé est parfois hypocritement nommée "parc social de fait". Deux quartiers de notre ville sont particulièrement touchés : les quartiers Voltaire (le lieu du drame) et Bourguignons. Trop souvent, des demandeurs de logement provenant de ces quartiers me décrivent leurs conditions de vie insupportables, photos et certificats médicaux à l'appui.
Le maire d'Asnières, Sébastien Pietrasanta, sur son blog et dans la presse, a affirmé que l'hôtel "bénéficiait d'une très bonne réputation de la part des travailleurs sociaux de la ville" et qu'on était "loin de l'image du marchand de sommeil". Au lieu d'être rassurante, cette affirmation ne fait que souligner, en creux, l'ampleur du problème : oui, dans notre ville, il existe des propriétaires qui exploitent la détresse des gens, dans des établissements moins "bien tenus" ou ayant moins "bonne réputation"... Faut-il attendre encore d'autres drames pour réagir ?
10 clients de cet hôtel avaient été placés là par le Conseil Général des Hauts-de-Seine, qui payait leurs loyers : est-il supportable que l'argent public finance ce type d'établissement, destiné à cacher la misère ? Ne serait-il pas plus efficace de construire le nombre de logements sociaux nécessaire, ainsi que de vrais centres d'accueil et d'hébergement d'urgence, dans des conditions décentes, et gérés directement par les pouvoirs publics ?
Pour la mémoire des 6 personnes décédées, pour leurs proches, pour leurs familles, nous devons déclarer la guerre à ce "commerce" scandaleux et nous lancer résolument dans l'éradication de l'habitat indigne.
14:20 Publié dans Habitat, Vie locale | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : asnières-sur-seine, habitat, logements
24.10.2008
Conseil municipal : Enfin l'unanimité !
C'est historique, et les Asniérois ne pourront que s'en réjouir : ce 23 octobre, tous les points à l'ordre du jour du Conseil Municipal ont été votés à l'unanimité. Ce qui n'a pas empêché de vifs débats par moment, entre les élus de notre majorité et l'opposition, mais sur le fond, la raison a pu l'emporter à chaque fois sur la polémique.
En ce qui me concerne, je présentais deux délibérations qui me tiennent particulièrement à cœur ; la mise en place d'une Commission transparente de désignation des candidats au logement social, et la création de 39 logements sociaux rue du Château, en acquisition-amélioration d'un très bel immeuble.
Par ailleurs, le développement durable avance à Asnières, pas à pas, dans plusieurs mesures d'échelles différentes comme, dans le désordre, le traitement sélectif des déchets textiles, l'engagement de résorption des bruits ferroviaires, la création d'un poste de chargé de mission pour l'Agenda 21 de la ville, la création de terrains de jeux pour les jeunes, le renforcement du partenariat d'action sociale avec le Conseil Général 92... ainsi que l'attribution d'un logement de fonction à 2 pas de la mairie pour le nouveau Directeur Général des Services, ce qui fera faire de substantielles économies d'essence !
Les femmes ont été mises à l'honneur avec les noms de rues du futur quartier Bords de Seine : femmes célèbres, méritantes, asniéroises ou non ; des personnalités aussi diverses qu'Olympe de Gouges, Sarah Bernhardt, Jacqueline Auriol, ou encore Yvonne de Gaulle et Marguerite Yourcenar seront célébrées. Une belle initiative.
A ceux qui prédisaient l'explosion de notre "Grand Rassemblement pour Asnières", nous pouvons répondre ce soir sereinement que cette alliance inédite semble plutôt augurer d'une politique allant dans le sens de l'intérêt général, et par définition consensuelle...
Pour voir et revoir la séance en ligne sur le site de la Ville d'Asnières
01:17 Publié dans Vie locale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : conseil municipal d'asnières sur seine, sébastien pietrasanta, habitat, logement social, développement durable


