27.08.2007

Service minimum : une loi inutile, inefficace et dangereuse

28e1b82c370b7e0e69e6ccc11b7e22ac.jpgRetour sur le succès de la mobilisation du 31 juillet dernier devant l'Assemblée Nationale, en signe de protestation contre le projet de loi dit "de service minimum".

Plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées (malgré les vacances), les organisations syndicales étaient largement représentées, avec des délégations de tous les secteurs d'activités, publics et privés, montrant la grande sensibilité de ce sujet, bien au-delà de son objectif direct, à savoir les entreprises de transport public. Plusieurs députés et responsables socialistes se sont joints au rassemblement, notamment François Hollande, Jean-Marc Ayrault, ainsi que Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez.

J'étais pour ma part présente dans les rangs de la CGT Cheminots.

Dénonçons cette manoeuvre sournoise du gouvernement Sarkozy-Fillon, exposant les salariés à des pressions (avec la déclaration obligatoire de l'intention de grève 48h à l'avance), et qui est en réalité une atteinte masquée au droit de grève. Il s'agit en réalité, personne n'est dupe, d'une préparation de nouvelles attaques au droit du travail prévues pour l'automne. En effet, tenter de réduire à l'impuissance les agents de la SNCF et de la RATP, c'est agir en prévention d'une rentrée sociale mouvementée, et tenter, de la part du gouvernement, de se prémunir contre une situation de blocage type 1995 contre les lois Juppé...
Et c'est bien méconnaître le fonctionnement actuel de la SNCF et de la RATP, puisqu'il existe déjà une obligation de négocier pour éviter la grève lorqu'un préavis est déposé. C'est donc reconnaître que les directions de ces entreprises publiques sont incapables de mener un dialogue social de qualité permettant d'éviter les conflits sociaux...

Enfin, rappelons qu'il existe dans chaque région une obligation de continuité de service, qui fait qu'en dessous de 30% de trafic assuré, la SNCF doit payer de lourdes pénalités à l'Autorité Organisatrice des Transports (en Ile de France, elle est contractualisée entre le STIF et la SNCF). De fait, il est extrêmement rare que moins de 30% du trafic soit assuré. Ce n'est pas arrivé depuis 1995, il y a 12 ans...

Cette loi est donc inutile et inefficace ; par ailleurs elle est dangereuse car synonyme d'une prochaine offensive du gouvernement contre les salariés.

19.03.2007

Les cheminots CGT sur les voies du futur

medium_40econgres.jpgLe 40ème Congrès de la Fédération des cheminots CGT se déroulait la semaine dernière au Futuroscope. Une semaine riche d'échanges, de débats mais aussi de partage et de convivialité...

Un congrès qu prenait pleinement sa place dans le débat présidentiel, car comme l'a rappelé Didier Le Reste, l'indépendance syndicale ne signifie pas neutralité. Fallait-il voir un signe dans le choix de la Région Poitou-Charentes pour cet évènement ? Ou dans l'évocation par Bernard Thibault des trois piliers de la démocratie (représentative, participative et sociale), chers à Ségolène Royal ? Sans aller jusque là, car les congressistes étaient très partagés sur le choix des candidats (voir Chez_les_cheminots_CGT.htm paru dans Le Monde), l'appel était pour un "vote intelligent" afin de battre la droite et l'extrême droite.

Une ouverture notable de la part de la CGT, que l'on a trop souvent crue tenue par le Parti Communiste. 

Les questions qui ont rythmé ce Congrès sont au coeur de la campagne présidentielle : service public, régime de retraite, filialisations, pouvoir d'achat, logement, construction européenne... La CGT a réaffirmé ses valeurs : un grand service public fort, pour assurer l'accessibilité au transport pour tous, indissociable d'une maîtrise publique des biens communs dans l'intérêt général et le développement durable ; son refus du libéralisme, son attachement à un haut niveau social pour les cheminots, qui sont loin d'être des "privilégiés" comme on veut souvent le faire croire (quelques exemples : les premiers niveaux d'embauche pour les salariés les moins qualifiés sont inférieurs au SMIC, si bien qu'ils doivent être compensés par une indemnité spécifique ; la pension moyenne des retraités SNCF est bien inférieure à la moyenne des retraités du régime général ; partir tôt ne veut pas dire à taux plein...)... Enfin, alors que la droite prépare une offensive sur le "service minimum", la CGT rappelle que le droit de grève est non négociable, mais paralèllement, s'engage à rechercher un dialogue social permanent, et des propositions novatrices.

La SNCF de demain vue par les cheminots CGT, c'est un service public de qualité, orienté vers la satisfaction de tous les usagers, la sécurité, et le développement durable, loin des logiques de profit, et s'accompagnant d'un haut niveau social pour tous ses salariés, sans oublier les prestataires et les filiales. 

Enfin, quel que soit le résultat de l'élection présidentielle, l'action syndicale se poursuivra, car il ne peut y avoir de pause sociale.