17.04.2008

Parité : la France résiste encore

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L'Observatoire de la Parité organisait ce mercredi 16 avril une conférence de presse sur le bilan des élections municipales et cantonales 2008. Un bilan sans appel : 91,5% d'hommes maires dans les villes de 3 500 habitants et plus, 86,9% d'hommes conseillers généraux...

Heureusement que grâce à la loi du 31 janvier 2007, les éxecutifs municipaux doivent par obligation compter autant d'adjointes que d'adjoints. Ainsi la représentation des femmes est quand même bien assurée dans les municipalités, ce qui est encore loin d'être le cas dans les départements avec seulement 13% d'élues (contre 10% en 2001). Les grands partis politiques français font figure de mauvais élèves tant au niveau européen qu'au niveau international ; de même, le plus grand nombre d'élues se trouvent sous les étiquettes "Divers...".

Etonnant ? Il faut sans doute aller chercher dans notre inconscient collectif pourquoi le partage des responsabilités entre les femmes et les hommes dans l'ensemble des mandats et fonctions électives est encore si problématique.
Regardez bien l'image illustrant cette note : il s'agit d'une leçon de classe de CE1 consacrée à la notion de mesure du temps : Jour, semaine, mois.

Or cette notion est illustrée par "Maman qui s'occupe du linge" : repassage, lessive, etc... Et Papa dans tout ça ? Il regarde le foot avec ses copains en buvant des bières ??? On ne va pas me dire que pour donner la notion d'écoulement du temps on n'aurait pas pu trouver meilleure illustration que ce cliché sexiste digne des années 60.

On me dira que c'est un détail. Peut-être, mais alors avec de tels détails, on ne s'étonnera pas que la parité n'avance toujours pas en France. 

07.03.2008

Journée internationale des femmes

"Femme politique", "candidate" de surcroit, ce n'est pas un statut tous les jours facile. Pourtant j'ai été très agréablement surprise tout au long de ma campagne par le nombre de messages de soutien spontanés, par mail ou en face à face dont j'ai été l'objet. Messages sincères et gratuits, qui m'ont gonflé le moral au fil de cette longue campagne. Une femme qui s'engage donne vraisemblablement une autre image de la politique. Plus sincère, plus pragmatique, plus réaliste. Plus à l'écoute aussi sans doute.

Je suis très fière des militantes socialistes, et des candidates de la liste Asnières Rassemblée. Elles se sont mobilisées avec énergie, de tout leur coeur, pour animer et porter cette campagne. Marie-Christine, Delphine, Zohra, Christine, Annie, Christiane, Annick, Michèle, Sanâa, Mathilde, Kaoukeb, Françoise, Joëlle, Anne, Nathalie, Catherine (pardon pour celles que je ne cite pas)... sans vous on ne serait pas allés bien loin...

Je pense aussi à ces très nombreuses fillettes de 6, 8, 10 ans qui sont marquées par la personnalité de Ségolène Royal. Il en restera forcément quelque chose dans leur vision des modèles féminins. L'engagement politique leur paraîtra peut-être plus naturel qu'à leurs mères ? Je le souhaite de tout coeur, d'autant plus que l'histoire n'est pas terminée...

Bravo les femmes ! On avance, mais je mesure le chemin à parcourir encore vers une réelle parité.

voir aussi ma note du 31/01/2008 "La parité reste encore à réaliser"

 

31.01.2008

La parité reste encore à réaliser

c9e6a391745baaef77ee9525046aae02.jpgMalgré de nombreuses lois sur la parité en politique, les choses changent encore trop lentement. Même si les listes municipales doivent comporter 50% de candidates, les femmes ne sont que 10% à être à la tête des mairies. L'Observatoire de la parité a rendu un rapport portant sur la précédente mandature, ainsi que sur les têtes de listes des prochaines élections municipales. Ce rapport souligne d'énormes progrès, mais le but à atteindre reste encore loin. A l'UMP par exemple, le nombre de femmes têtes de liste a triplé depuis 2001, mais reste encore bien trop bas avec 15% seulement des villes de plus de 30 000 habitants. Le Parti socialiste est en avance avec 25% de têtes de liste féminines, mais encore loin des 50%... D'après ce rapport, les électeurs (et les électrices !) sont pourtant en attente d'une féminisation de leurs représentants. L'investiture des partis semble un frein à l'accession des femmes aux postes à responsabilité, puisque, par exemple, la priorité est souvent donnée aux sortants - majoritairement des hommes. En conséquence, les trois quarts des femmes Conseillères municipales sont issues des listes "divers-...", et il est à noter qu'elles sont généralement plus jeunes, plus investies dans la vie associative, et de catégories socio-professionnelles plus diversifiées que leurs collègues masculins.

Je retiendrai deux recommandations en conclusion de ce rapport : limiter le cumul des mandats dans l'espace et dans le temps, et favoriser l'aménagement du temps de travail pour les élu-es. Un autre chantier, ambitieux, serait celui de la répartition des rôles dans la famille et dans le couple, car sans remise en question profonde, les femmes resteront encore longtemps cantonnées plus ou moins consciemment à leurs tâches ancestrales d'éducation des enfants et de tenue du foyer...

08.12.2007

Salaires : l'égalité hommes-femmes toujours en question

En 1983 déjà, Yvette Roudy, Ministre des Droits des Femmes sous la présidence de François Mitterrand, mettait en place des mesures volontaires pour résorber les écarts salariaux entre les hommes et les femmes. Hélas cela fait bientôt 25 ans et la situation reste toujours préoccupante (malgré d'autres actions, comme la loi Génisson en 2001, sous le gouvernement Jospin) ; en moyenne les femmes gagnent encore près de 25% de moins que les hommes à qualification égale !

Xavier Bertrand, Ministre du Travail, remet cette question à l'ordre du jour et annonce sa volonté d'aller plus loin en prévoyant des sanctions financières pour les entreprises qui, fin 2009, n'auraient pas mis en place de "plan de résorption des écarts".
Nous ne pouvons qu'applaudir des deux mains, peut-être cette fermeté affichée va-t-elle enfin être efficace ?

Pourtant, les déclarations de Monsieur Bertrand sont pour le moins curieuses, en effet, il prévoit de "prélever un pourcentage de la masse salariale et de le redistribuer aux entreprises qui jouent le jeu"... Voilà une conception tout à fait innovante du respect des lois : redistribuer les amendes des contrevenants à ceux qui respectent la loi !

Monsieur Bertrand pourrait nous expliquer si cette nouvelle façon de faire appliquer la loi s'exercera dans d'autres domaines ?

29.10.2007

Victoire de Cristina Kirchner en Argentine

980639753a677aadad78f4a2d9449cf6.jpgBravo Cristina !

Cette superbe victoire au premier tour a été aussitôt saluée par Ségolène Royal, qui a soutenu la candidate argentine, et la qualifie de "volontaire et déterminée". Elle ajoute "je salue son courage car je sais combien, sous toutes les latitudes, c’est toujours plus dur pour les femmes. Elles sont, dans le monde, encore très peu nombreuses à exercer des fonctions de premier plan. (...) Michelle au Chili, Cristina en Argentine : après l’épreuve des dictatures et la consolidation de la démocratie, voici venu le temps d’un partage plus égal des responsabilités gouvernementales entre les hommes et les femmes."

Ségolène Royal avait rencontré longuement Cristina Kirchner la semaine dernière en Argentine. Voici quelques extraits choisis des impressions de Ségolène après cette rencontre.

"Nous évoquons ce préjugé tenace, sous toutes les latitudes, qui veut qu’en matière économique, les femmes politiques soient toujours soupçonnées de moins s'y connaitre que leurs homologues masculins. Je lui raconte que c’est arrivé à Angela Merkel jusqu’à ce que les milieux économiques s’aperçoivent qu’elle était fort compétente. Cristina me dit avoir multiplié les contacts avec les chefs d entreprise parce qu’elle sentait bien qu’ils s’inquiétaient de savoir quelle était, sur ces sujets, sa vision des choses. Elle entend poursuivre la bataille pour le redressement économique de l’Argentine que Nestor Kirchner a engagée avec détermination et succès. “Nous avons, me dit-elle, parfaitement intégré les règles macro-économiques de base, cela va de soi. Mais qu’on ne vienne pas me raconter que l’économie est une science exacte, c’est une science sociale et humaine !”. Nous nous accordons sur cette idée qu’il n’y a pas de loi d’airain qui priverait la politique de toute marge de manœuvre.(...) Nous plaisantons des remarques machistes que nous avons, l’une et l’autre, essuyées en campagne. Nous nous souvenons d’Angela Merkel et de Michelle Bachelet qui, elles non plus, n'avaient pas été épargnées. Cristina me dit que tout cela l’atteint peu, qu’elle a déjà une longue expérience politique, qu’elle a été élue députée et sénatrice bien avant que son mari soit Président de la République. Elle me dit qu'elle a décidé une fois pour toutes d'être elle-même : une femme politique à part entière, qui assume et sa féminité et sa combativité. Nous tombons d’accord sur le fait que, face à ces combats d’arrière-garde, mieux vaut ne pas s’abaisser à répondre aux attaques." 

En savoir plus : sur le site de Désirs d'Avenir

25.10.2007

Des femmes ingénieures se bougent pour l'écomobilité

3d3978bdde54c7b7afd947653a6ca90a.jpgUn rallye de Paris à Marseille, réunissant des femmes ingénieures passionnées par les transports et l'écologie ? Oui, ça existe, et c'est du 25 au 28 octobre prochain ; ça s'appelle "Elles bougent".

Pas évident de démontrer à travers un rallye que mobilité et développement durable sont compatibles... Sauf s'il s'agit d'un rallye "intermodal" et que les moyens de transports utilisés sont écolos : voitures et avions basse consommation, train, vélo ou marche... L'objectif sera aussi de populariser le concept de mobilité durable auprès du public, et le calcul de l'émission de CO2 par passager aura lieu à chaque étape.

De plus, ce rallye sera l'occasion de rencontres entre étudiantes en ingénierie et femmes ingénieures en poste, afin de populariser les métiers du transport auprès des jeunes femmes.

Allez, c'est décidé, l'an prochain je m'inscris ! 

28.09.2007

Bientôt une station de métro Anne Frank à Asnières ?

La proposition que j'ai faite hier soir en Conseil municipal au nom du Groupe socialiste a été adoptée très largement par les élus. Nous soumettons à la RATP le voeu de rendre hommage à Anne Frank en lui dédiant le futur terminus de la ligne 13 "Anne Frank - Les Courtilles".

Avez-vous remarqué que seules deux stations de métro portent le nom d'une femme ? "Louise Michel" et "Pierre et Marie Curie" (d'ailleurs il faut savoir que "Marie" a été ajoutée très récemment à la station "Pierre Curie", certains plans de métro encore en circulation en témoignent...). Il est grand temps de faire avancer la parité dans ce domaine également, qui, s'il ne peut paraître que symbolique, est loin d'être secondaire, car il a justement la force du symbole.

Qui ne connaît pas Anne Frank ? Son histoire tragique est connue dans toute l'Europe. Au nom du devoir de mémoire sur l'holocauste, tous les collégiens français étudient le journal qu'elle a écrit pendant ses années de clandestinité.

Anne Frank est morte à 15 ans, au printemps 1945, en déportation au camp de Bergen-Belsen.

Une école maternelle d'Asnières, à proximité de la future station de métro, porte déjà son nom.

http://www.annefrank.org

06.04.2007

Nous voulons une Présidente

Je viens de signer l'appel "1 million de femmes s’énervent" qui dénonce les attaques insidieuses et insupportables, portées par des relents machistes, contre Ségolène Royal.

Oui, elle a les compétences requises, oui elle est intelligente, ambitieuse, volontaire et... belle. Et oui elle peut gagner, c'est justement, semble-t-il, ce qui exaspère et dérange autant...

Comme toujours, les femmes doivent faire doublement leurs preuves lorsqu'elles sont en compétition avec des hommes.

Alors brisons le "plafond de verre" et proclamons, comme les signataires de cet appel : "assez ! marre du machisme ! nous voulons une femme Présidente pour construire enfin une République fondée sur l’égalité entre les femmes et les hommes."

09.03.2007

Animal politique

medium_segodijon.jpgEn ce 8 mars, absolument lire, ou écouter, le discours historique de Ségolène Royal à Dijon.

Elle s'est adressée aux femmes "toutes premières victimes des mutations contemporaines du monde salarié et, à l’échelle planétaire, d’une mondialisation effrénée, mal maîtrisée : montée de la précarité, montée des exploitations salariales de toutes formes. Elles sont les premières victimes des protections qui s’amenuisent, des solidarités qui s’affaissent et de la brutalité des rapports sociaux. Elles ont besoin, et c’est ma conception d’un État fort, que la puissance publique rééquilibre le rapport de force et remette de l’ordre juste là où règne un libéralisme sans foi ni loi, qui n’est pas seulement fauteur d’injustice, mais qui gaspille le rapport. (...)

Et c’est pourquoi j’en appelle aux femmes, en ce 8 mars 2007, j’en appelle à la force de leur vote pour qu’elles transforment, par leur participation, le monde, même si je ne suis pas à l’image de l’incarnation traditionnelle du pouvoir. J’en appelle aux femmes pour qu’elles imposent un ordre juste, différent, ouvert. J’en appelle aux mères, aux filles pour que la politique change enfin, pour que notre vie change enfin. J’en appelle aux hommes et aux femmes de ce pays pour remettre en cause des schémas trop simples. Nous avons tout à gagner à reconnaître l’égalité dans la différence. Et si ce mot était accepté, je veux parler, lorsqu’on dit liberté, égalité, fraternité, eh bien aujourd’hui à Dijon j’en appelle à la sororité.(...)"

Mais vouloir changer la place des femmes, on le voit, c'est changer la société toute entière ; avec nos valeurs socialistes, au bénéfice de tous. Et rien ne se fera rien sans les hommes, qui doivent eux aussi, bien souvent, changer de point de vue ou d'a priori.

Ségolène Royal appelle toutes les femmes à ne plus jamais douter d'elles-même, de leurs compétences, même lorsque leurs idées ou leurs méthodes sortent de l'ordinaire... Ainsi elle nous montre la voie...

"La femme est un animal politique comme un homme, dans un milieu brutal. Je revendique de faire de la politique autrement à l'abri de cette brutalité".